Cesdeux-lĂ  n’avaient encore jamais Ă©tĂ© rĂ©unis sur scĂšne ou devant la camĂ©ra, jusqu’il y a un peu plus d’un an quand proposition leur a Ă©tĂ© soumise de jouer ensemble dans la piĂšce “C’était quand la derniĂšre fois ?” de Emmanuel Robert-Espalieu et mise en scĂšne par Johanna BoyĂ©. “On connaissait notre travail mutuel, raconte AprĂšs3 festivals Ă  guichet fermĂ© au Théùtre des BĂ©liers, plus de 1000 reprĂ©sentations Ă  Paris et un triomphe Ă  Lyon la saison derniĂšre, la comĂ©die de Fabienne Galula, mise en scĂšne par Jean-Philippe AzĂ©ma (Entrez sans frapper) est de retour au théùtre avec sa distribution 100% lyonnaise.Bienvenue au paradis des gommettes, des doudous et des anti-dĂ©presseurs ! PiĂšcesde théùtre RandonnĂ©es Feux d'artifice REPRÉSENTATION THÉÂTRALE « C’ÉTAIT QUAND LA DERNIÈRE FOIS ? Descriptif; Infos pratiques; Localisation; Facebook; Appeler 06 70 97 24 15; ItinĂ©raire ; SAINT-LAURENT-DE-LA-PLAINE . Théùtre. ReprĂ©sentation théùtrale au Théùatre des RĂȘveries de Saint Laurent de la Plaine. « S’empoisonner la vie ». VoilĂ  une expression qu Lavie n’est pas (qu’) une piĂšce de théùtre La fracture entre deux France s’agrandit et ceux qui « mettent le feu Ă  la baraque » ne sont pas forcĂ©ment ceux que l’on pointe du SoirĂ©ethéùtre Ă  ne pas rater jeudi 28 mars, Ă  20 h, au Nec de Marly. Aux cĂŽtĂ©s de Zinedine Soualem, Virginie Hocq campe une empoisonneuse hilarante dans la Vay Tiền TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chỉ Cáș§n Cmnd. Une piĂšce pas comme les autres Ce dĂ©but d’annĂ©e a Ă©tĂ© chargĂ© pour les animateurs de la piĂšce. Les rĂ©pĂ©titions se sont multipliĂ©es, jusqu’à la derniĂšre semaine oĂč elles avaient lieu tous les aprĂšs-midis. C’est vraiment durant cette derniĂšre semaine que j’ai rĂ©ussi Ă  me familiariser avec mon personnage. Avant pour moi, c’était abstrait. Une fois dans le dĂ©cor et avec les costumes, ça devient rĂ©el » explique Michael Miraglia qui intĂšgre pour la premiĂšre fois la troupe du TĂ©lĂ©vie. 13 janvier, rĂ©pĂ©titions gĂ©nĂ©rales Ă  Nivelles Les animateurs ont rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois leurs textes sous les conseils toujours avisĂ©s du metteur en scĂšne Jean-Paul Andret. Le stress monte pour Thomas Van Hamme. C’est la premiĂšre fois qu’il jouait la piĂšce en conditions rĂ©elles C’est dingue, on est tellement Ă  fond qu’on ne voit pas le temps passer. Quand ça se termine, on est crevĂ©. Mais c’est une bonne fatigue, c’est exaltant ». Jour J AprĂšs une bonne nuit de sommeil, le rendez-vous est fixĂ© Ă  18h pour une derniĂšre italienne Au théùtre, une italienne c’est une rĂ©pĂ©tition sans mettre le ton, avec une voix neutre qui permet aux acteurs de mĂ©moriser leurs textes sans se fatiguer » explique Jean-Paul Andret. AprĂšs une derniĂšre mise au point, les comĂ©diens se retrouvent dans les loges. Il y rĂšgne une vĂ©ritable effervescence. Plusieurs personnalitĂ©s de la chaĂźne viennent encourager leurs petits camarades. Derniers ajustements de costumes, vĂ©rification de chaque accessoire. Tout le monde y va de son commentaire amusant pour dĂ©tendre l’atmosphĂšre bouillonnante. On charrie Michael sur son costume gris qui colle parfaitement Ă  son personnage de jeune avocat dragueur. DerniĂšre interview avec la presse pour Jacques Van de Biggelaar. Il est presque 20h00. LevĂ©e de rideau dans 5 minutes ! Les comĂ©diens se rassemblent et poussent un cri de guerre pour s’encourager C’est un rituel trĂšs courant au théùtre et ça fait du bien, on est soudĂ© » dit Fanny Jandrain. C’est parti ! Michael Miraglia entre en scĂšne dans le rĂŽle de FrĂ©dĂ©ric sous les applaudissements du public trĂšs heureux de le dĂ©couvrir. Dans les coulisses, on guette les rires et les applaudissements des spectateurs. Ils ont tous le trac mais ils ont surtout hĂąte de monter sur scĂšne pour la premiĂšre fois. Michael, surexcitĂ©, raconte Ă  Fanny Jandrain C’est dingue ce qui m’arrive, si on m’avait dit que je ferais ça il y a un an, je ne l’aurais jamais cru, et en plus j’adore ça. Tu avais raison, c’est gĂ©nial comme sensation ». Enthousiaste, Fanny revient dans les coulisses aprĂšs son premier passage C’est fait les gars, on y est. Je suis trop contente » Pendant l’entracte, Jean Paul Andret revient en loge En un mot les amis, c’est tout simplement, GENIAL » Il fĂ©licite les acteurs et leur explique qu’ils ont trouvĂ© le bon rythme Continuez comme ça ! ». Thomas Van Hamme est impressionnĂ© par la performance de Luc Gilson Tu es Ă  fond dans ton rĂŽle, du coup c’est encore plus facile pour moi de jouer, je me laisse emporter ». Il faut dire que le rĂŽle interprĂ©tĂ© par Luc Gilson est extrĂȘmement physique, le rĂŽle principal de la piĂšce dans lequel il excelle particuliĂšrement. Au final, le public ravi a rĂ©compensĂ© les acteurs d’un tonnerre d’applaudissements
 de quoi commencer cette tournĂ©e sur une note positive ! ILe dĂ©nouement de la piĂšce lecture de la lettre Le dĂ©nouement de la piĂšce est une scĂšne d'amour. C'est la rĂ©solution de la piĂšce. Cyrano, qui cachait son amour Ă  Roxane depuis le dĂ©but, lui rĂ©vĂšle enfin la vĂ©ritĂ©. L'Ă©lĂ©ment perturbateur Ă  leur amour Ă©tait l'impossibilitĂ© pour Cyrano de rĂ©vĂ©ler son amour Ă  Roxane. La lettre est une façon de faire cet aveu. C'est un aveu qui n'est pas vraiment volontaire. De nombreux termes se rapportent Ă  l'amour "mon amour inexprimĂ©", "cƓur", "aima", "aimiez", "aimais". La lettre est un moyen dĂ©tournĂ©. Le champ lexical de la lecture est important "lettre", "lire", "lisant", "lisez". C'est un outil théùtral. Il y a un double niveau d'interprĂ©tation. Roxane croit que Cyrano lit les mots de Christian. Mais le spectateur sait que c'est Cyrano qui a Ă©crit la lettre. Le "je" que lit Cyrano n'est pas celui de Christian, d'une part car Christian n'a jamais Ă©crit la lettre, d'autre part car Cyrano aime Roxane, c'est donc bien sa dĂ©claration. La rĂ©vĂ©lation est possible grĂące Ă  la mise en scĂšne. En effet, petit Ă  petit la lumiĂšre dĂ©cline, et Cyrano ne devrait plus ĂȘtre capable de lire. Roxane s'aperçoit au fur et Ă  mesure de la lecture que c'est Cyrano qui a Ă©crit la lettre. IILa tension dramatique La mise en scĂšne est trĂšs importante dans cette scĂšne, puisque tout est liĂ© Ă  la lumiĂšre. Les didascalies sont particuliĂšrement importantes "le crĂ©puscule commence Ă  venir", "l'ombre augmente", "dans l'ombre complĂštement venue". La tension dramatique est liĂ©e Ă  la nuit qui tombe. La nuit symbolise d'ailleurs la mort. En effet, cette scĂšne est aussi la mort de Cyrano. Les rĂ©actions de Roxane sont intercalĂ©es Ă  la lecture de la lettre. On peut ainsi relever l'utilisation de nombreux points de suspension. La plupart des rĂ©pliques de Roxane en sont ponctuĂ©es, ce qui soulignent sa rĂ©flexion, elle commence Ă  rĂ©aliser. Il y a de nombreux dĂ©placements sur scĂšne. D'abord, Roxane s'Ă©loigne de Cyrano et l'Ă©coute lire plus loin. Puis, petit Ă  petit, Ă  mesure qu'elle comprend ce qui se passe, elle se rapproche de lui. Ce rapprochement entre les deux personnages symbolise la rĂ©alisation de l'amour. Cette scĂšne peut s'apparenter Ă  une joute verbale entre Roxane et Cyrano. Pour la premiĂšre fois dans la piĂšce, Cyrano perd. Il se dĂ©fend d'aimer Roxane, il nie "non, non , mon cher amour, je ne vous aimais pas". Mais il est obligĂ© d'admettre. La scĂšne est tragique car Cyrano meurt. L'aveu d'amour n'est pas une ultime confession pour partir en paix. Au contraire, cet aveu est tragique car Cyrano et le spectateur rĂ©alisent que Roxane aurait aimĂ© Cyrano s'il lui avait avouĂ© son amour. La scĂšne est marquĂ©e par la surprise de Roxane qui ne cesse de s'interroger ou de s'exclamer "S'arrĂȘtant, Ă©tonnĂ©e tout haut ?" D'abord surprise, Roxane se fait insistante. Cyrano hĂ©site entre avouer et se taire. Il a encore peur d'ĂȘtre rejetĂ©. Les rĂ©pliques sont courtes, rapides, on parle de stichomythies. Il y a un enchaĂźnement des questions et des rĂ©ponses "c'Ă©tait vous", "non". On note Ă©galement une alternance de phrases affirmatives et nĂ©gatives. Cyrano a annoncĂ© sa mort dĂšs le dĂ©but, il est blessĂ©. Puis vers la fin il dit "Adieu Roxane je vais mourir" et enfin "et je meurs". Roxane ignore que Cyrano est mortellement blessĂ©. La voix de Cyrano faiblit, alors que Roxane semble renaĂźtre "elle tressaille", "troublĂ©e". Cyrano sait, avant de mourir, que Roxane l'aime, qu'ils auraient pu ĂȘtre heureux. Cette situation est trĂšs pathĂ©tique. IVUne dĂ©claration d'amour rĂ©ciproque Cette scĂšne reste avant tout un aveu d'amour rĂ©ciproque. Depuis le dĂ©but de la piĂšce, c'est le sujet, l'amour de Cyrano pour Roxane, et l'amour de Roxane pour Christian. La situation ici est rĂ©solue, le quiproquo est terminĂ©. Roxane comprend qui lui a Ă©crit les lettres et pourquoi. Christian n'est pas nommĂ©, mais il apparaĂźt tout de mĂȘme notamment avec l'expression "ce sang Ă©tait le sien". Roxane s'Ă©tait montrĂ©e prĂ©cieuse lorsque Christian lui faisait sa dĂ©claration. Ici, elle ne fait aucun reproche. Il n'y a plus de jeu, pas de sĂ©duction. C'est une dĂ©claration d'amour simple et vĂ©ritable. Roxane reconnaĂźt la valeur de Cyrano. Elle n'est plus attachĂ©e Ă  la beautĂ©. Elle parle ainsi de son "Ăąme". Elle dĂ©clare aussi son amour. En quoi cette scĂšne respecte-t-elle son rĂŽle de dĂ©nouement ?I. La rĂ©solution de l'Ă©lĂ©ment perturbateurII. Une double dĂ©claration d'amourIII. La mort de CyranoComment la tension dramatique est-elle mise en scĂšne ?I. La lettre, un outil théùtralII. La lumiĂšre dĂ©clinanteIII. La dĂ©claration d'amour et mort du hĂ©rosEn quoi la mort de Cyrano est-elle tragique ?I. Un amour qui aurait pu ĂȘtreII. Une scĂšne pathĂ©tiqueIII. La mort du hĂ©rosEn quoi cette scĂšne est-elle une dĂ©claration d'amour originale ?I. La double Ă©nonciation la lettreII. Roxane rĂ©alise son erreurIII. Une double dĂ©claration d'amour La Manivelle Théùtre dimanche 16 octobre 2022 Ă  17h Bled, Petit Poucet moderne, est le dernier nĂ© d’une famille de sept enfants. Il est celui dont le nom, donnĂ© Ă  la mĂ©moire du grand-pĂšre venu d’ailleurs, porte tout Ă  la fois la marque de l’enracinement et du dĂ©racinement. C’est donc Ă  lui, le plus jeune, que revient la responsabilitĂ© de trouver un nouveau foyer quand la famille se fait expulser. Il doit partir sur les routes. La tĂąche semble tout d’abord le dĂ©passer. Le paysage est hostile et se peuple d’ĂȘtres ambigus. Mais sans abri, sur les chemins, loin de ses frĂšres, Bled est-il vraiment seul ? L’exil sonne l’heure des rencontres avec Ti-Coeur et Shed, et exige d’apprendre Ă  se connaĂźtre soi-mĂȘme. Un texte de Daniel Danis. Mise en scĂšne Florence Bisiaux. Conception collective Antonin Vanneuville, Pierre-Yves Aplincourt, François FrĂ©my, François GĂ©rard. InterprĂ©tation texte et musique live Antonin Vanneuville. La piĂšce Bled de Daniel Danis est Ă©ditĂ©e et reprĂ©sentĂ©e par l’Arche, Ă©diteur et agence théùtrale. CrĂ©ation soutenue par le MinistĂšre de la Culture/Drac Hauts-de-France, la RĂ©gion Hauts-de-France, le DĂ©partement du Nord, le DĂ©partement du Pas-de-Calais, la Ville de Wasquehal, la Ville de Croix, la MĂ©tropole EuropĂ©enne de Lille. DurĂ©e 50 min Lieu CENTRE CULTUREL JACQUES BREL 137, Rue Jean-Baptiste Delescluse - Croix Tarifs 9€ / 7€ cannelle21VĂ©nĂ©rableJ'ouvre ce fil pour que nous puissions Ă©changer autour du théùtre, les piĂšces que vous avez dĂ©jĂ  montĂ©es, vos coups de coeur...J'espĂšre y trouver des idĂ©es pour l'annĂ©e prochaine. J'aurai une classe HAT 4e, 24 secondes en option, et un groupe de 14 terminales en option les piĂšces dĂ©jĂ  montĂ©es- La vraie fille du volcan, de Marie Desplechin, avec des 4e 13 Ă©lĂšves - Une adaptation d'Une bouteille dans la mer de Gaza, de ValĂ©rie Zenatti, avec des 4e 13 Ă©lĂšves - Je suis le contrepoids du monde, de Karin Serres, avec des 2nde 24 Ă©lĂšves - Small Talk, de Carole FrĂ©chette, avec des Terminales 7 Ă©lĂšves - Timeline, de Jean-Christophe DollĂ© avec un atelier de 4e et 3e 16 Ă©lĂšves texte moderne sur le théùtre, drĂŽle, que les Ă©lĂšves avaient adorĂ©- Le bruit des os qui craquent, de Suzanne Lebeau, avec des 4e et 3e 16 Ă©lĂšves pĂ©pite- E gĂ©nĂ©ration, de Jean-Christophe DollĂ©, avec des 4e et 3e 16 Ă©lĂšves sĂ©rie de scĂšnes autour de la gĂ©nĂ©ration connectĂ©e- Le procĂšs du loup, de Zarko Petan, avec des 6e en atelier 8 Ă©lĂšves piĂšce finalement statique que j'avais eu du mal Ă  monter- Des scĂšnes des Monty Python les Ă©lĂšves avaient aimĂ© mais l'envie de faire rire a pris le pas sur le jeuPiĂšces que j'aimerais travailler- Salvador, de Suzanne Lebeau - Du piment dans les yeux, de Simon Grangeat Texte que j'adore mais je vais devoir attendre pour le travailler parce que mes collĂšgues le montent cette annĂ©e- La poupĂ©e barbue mais trĂšs dur sur les enfants soldats- Louise les ours, de Karin Serres- L'histoire du tigre, de Dario Fo- La visite de la vieille dame, de DurrenmĂ€tt- L'assassin sans scrupule, de Mankell- Une adaptation de L'orangeraie, de Tremblay- Une adaptation d'Iliade, de BarricoN'hĂ©sitez pas Ă  me contacter si vous voulez plus de renseignements sur l'une de ces Ă©dition par cannelle21 le Dim 28 Avr - 1431, Ă©ditĂ© 1 fois_________________Il y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de 8Ici, en collĂšge, on fait Hamlet une adaptation comique en juin !PoupoutchModĂ©rateur_________________Lapin ÉmĂ©rite, celle qui Nage en Lisant ou Inversement, Dompteuse du fauve affamĂ© et matutinal. "L'intelligence est une maladie qui peut se transmettre trĂšs facilement mais dont on peut guĂ©rir trĂšs rapidement et sans aucune sĂ©quelle"cannelle21VĂ©nĂ©rableJe te remercie pour toutes ces idĂ©es. Je viens d'augmenter ma pile de livres Ă  lire d'un coup. Bon, je ne trouve pas le texte tragĂ©dies ordinaires alors que tu m'as appĂątĂ©e. Merci aussi pour ton Ă  Moimoi, . C'est un auteur que j'aime beaucoup. En revanche, Tous des oiseaux en un trimestre, ça doit ĂȘtre y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de bon, tu ne trouves pas HS ? Pourtant, il a annoncĂ© il y a peu sur FAcebook que c'Ă©tait publiĂ© chez Quartett... Peut-ĂȘtre pas encore paru?Edit j'ai vĂ©rifiĂ©, ça paraĂźt fin mai _________________Lapin ÉmĂ©rite, celle qui Nage en Lisant ou Inversement, Dompteuse du fauve affamĂ© et matutinal. "L'intelligence est une maladie qui peut se transmettre trĂšs facilement mais dont on peut guĂ©rir trĂšs rapidement et sans aucune sĂ©quelle"cannelle21VĂ©nĂ©rable Poupoutch a Ă©critAh bon, tu ne trouves pas HS ? Pourtant, il a annoncĂ© il y a peu sur FAcebook que c'Ă©tait publiĂ© chez Quartett... Peut-ĂȘtre pas encore paru?Edit j'ai vĂ©rifiĂ©, ça paraĂźt fin mai Je vais me faire une alerte _________________Il y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de viens de lire Delta Charlie Delta et c'est un Ă©norme coup de coeur. J'aime le propos, l'Ă©criture et la forme chorale. Merci pour la y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de sageMerci pour ces listes stimulantes, ça donne envie de lire et de s'y mettre !_________________Minuit passĂ© dĂ©jĂ . Le feu s'est Ă©teint et je sens le sommeil qui gagne du vais m'endormir contre vous, respirer doucement, parce que je sais oĂč nous allons - RĂ©vĂ©renceÉcusette de NoireuilExpert spĂ©cialisĂ©Je vais suivre ce fil avec attention!Cette annĂ©e on travaille Ma chambre froide de Pommerat pour lycĂ©ens! Les Ă©lĂšves accrochent vraiment dernier, Victor ou les enfants au pouvoir de Vitrac alors que ça peut paraĂźtre lointain aux Ă©lĂšves,en fait ces histoires de secrets de famille leur ont bien Celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie " Umberto Eco cannelle21VĂ©nĂ©rable Écusette de Noireuil a Ă©critJe vais suivre ce fil avec attention!Cette annĂ©e on travaille Ma chambre froide de Pommerat pour lycĂ©ens! Les Ă©lĂšves accrochent vraiment dernier, Victor ou les enfants au pouvoir de Vitrac alors que ça peut paraĂźtre lointain aux Ă©lĂšves,en fait ces histoires de secrets de famille leur ont bien plu. J'ai hĂ©sitĂ© Ă  faire Ma chambre froide cette y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de cannelle21 a Ă©critJe viens de lire Delta Charlie Delta et c'est un Ă©norme coup de coeur. J'aime le propos, l'Ă©criture et la forme chorale. Merci pour la dĂ©couverte. Haaa! Contente que ça t'ait plu ! Vraiment, j'ai adorĂ© ce texte. Il faut guetter les prix littĂ©raires des théùtres et les retours de comitĂ© de lecture il y a souvent des super trucs Ă  Charlie Delta avait perdu face Ă  HS, mais il y avait du niveau cette annĂ©e lĂ  ! _________________Lapin ÉmĂ©rite, celle qui Nage en Lisant ou Inversement, Dompteuse du fauve affamĂ© et matutinal. "L'intelligence est une maladie qui peut se transmettre trĂšs facilement mais dont on peut guĂ©rir trĂšs rapidement et sans aucune sĂ©quelle"Écusette de NoireuilExpert spĂ©cialisĂ© Re [Théùtre] PiĂšces Ă  jouer avec des Ă©lĂšves par Écusette de Noireuil Ven 26 Juil - 1437Retour sur "Ma chambre froide" de Pommerat, ça a trĂšs bien fonctionnĂ© et nous avons Ă©tĂ© trĂšs contents des retours du public. On avait basĂ© la scĂ©nographie sur l'idĂ©e d'un entrepĂŽt, cartons et palettes. Le mĂ©lange des tons, la complexitĂ© des personnages et notamment d'Estelle est trĂšs intĂ©ressante,les Ă©lĂšves ont bien aimĂ© jouer cette Ă©criture .Pour cette annĂ©e, nous cherchons une piĂšce qui soit drĂŽle et intĂ©ressante en mĂȘme faut dire que nous avons vĂ©cu un drame cette annĂ©e dans l'option et que nous avons besoin de lĂ©gĂšretĂ© .Je cherche pour des lycĂ©ens, et un projet qui soit susceptible d'ĂȘtre jouĂ© nombreux. Si vous avez des idĂ©es je suis preneuse !DerniĂšre Ă©dition par Écusette de Noireuil le Ven 26 Juil - 1448, Ă©ditĂ© 1 fois_________________" Celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie " Umberto Eco cannelle21VĂ©nĂ©rable Écusette de Noireuil a Ă©critRetour sur "Ma chambre froide" de Pommerat, ça a trĂšs bien fonctionnĂ© et nous avons Ă©tĂ© trĂšs contents des retours du public. On avait basĂ© la scĂ©nographie sur l'idĂ©e d'un entrepĂŽt, cartons et palettes. Le mĂ©lange des tons, la complexitĂ© des personnages et notamment d'Estelle est trĂšs intĂ©ressante,les Ă©lĂšves ont bien aimĂ© jouer cette Ă©criture .Pour cette annĂ©e, nous cherchons une piĂšce qui soit drĂŽle et intĂ©ressante en mĂȘme faut dire que nous avons vĂ©cu un drame cette annĂ©e dans l'option et que nous avons besoin de lĂ©gĂšretĂ© !Je cherche pour des lycĂ©ens, et un projet qui soit susceptible d'ĂȘtre jouĂ© nombreux. Si vous avez des idĂ©es je suis preneuse ! Je ne vais pas pouvoir t'aider. Je suis attirĂ©e par les piĂšces plus sombres. Nous allons faire Delta Charlie Delta en terminale et Sa majestĂ© des mouches en annĂ©e, j'ai montĂ© Timeline, c'est drĂŽle. Les gamins ont adorĂ© mais je ne pense pas que ça soit suffisamment consistant pour une option lycĂ©e. Je peux nĂ©anmoins t'envoyer le dĂ©jĂ  vu montĂ© Ubu roi ou MusĂ©e haut, MusĂ©e y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de Cannelle, hĂąte d'avoir un retour sur le travail sur Delta Charlie Delta... Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas aussi le bosser Ă  voir avec la comĂ©dienne Ă  la rentrĂ©e.Ecusette, je suis comme Cannelle, je fais peu dans le lĂ©ger. Une collĂšgue a bossĂ© sur des piĂšces courtes de Tchekhov et c'Ă©tait trĂšs drĂŽle. _________________Lapin ÉmĂ©rite, celle qui Nage en Lisant ou Inversement, Dompteuse du fauve affamĂ© et matutinal. "L'intelligence est une maladie qui peut se transmettre trĂšs facilement mais dont on peut guĂ©rir trĂšs rapidement et sans aucune sĂ©quelle"Écusette de NoireuilExpert spĂ©cialisĂ© Re [Théùtre] PiĂšces Ă  jouer avec des Ă©lĂšves par Écusette de Noireuil Ven 26 Juil - 1639Moi non plus, pas forcĂ©ment. J'ai une prĂ©dilection pour l'humour noir et la haut c'est rigolo en dĂ©but d'annĂ©e mais cela manque de consistance quand mĂȘme, et les piĂšces courtes de Tchekhov je les ai dĂ©jĂ  travaillĂ©es par le passĂ© ainsi que quand mĂȘme ! Et si quelqu'un passe par lĂ  avec des idĂ©es..._________________" Celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie " Umberto Eco lnaNiveau 6Dans les piĂšces dĂ©jĂ  montĂ©es J'essaie de m'en rappeler sans regarder dans mes archives que je n'ai pas sous la main-Cross, chant des collĂšges de Julie Rossello Rochet sur le harcĂšlement, plutĂŽt pour des cinquiĂšmes;_Ces filles-lĂ , Ewan Placey plutĂŽt pour des 3e, voire 4e ;-Ce qu'ils disentSale Hope Martine Auriol 4e-3e;-En majuscules, Luc Tartar cette piĂšce et celle du dessus sont trĂšs courtes, travail Ă  faire en dĂ©but d'annĂ©e;-La fille aux oiseaux, de Bruno Castan sixiĂšme;-Histoire aux cheveux rouges, de Maurice Yendt sur le racisme, convient aux 5e,4e;-Mon frĂšre, ma princesse de Catherine Zambon 6e-5e-Autrefois, aujourd'hui, demain de Françoise du Chaxel tous niveauxJe ne rĂ©pĂ©terai pas les titres prĂ©cĂ©demment citĂ©s que j'ai dĂ©jĂ  travaillĂ©s, mais pour avoir dĂ©jĂ  montĂ© Le bruit des os qui craquent de Suzanne Lebeau, je ne peux que le conseiller aussi, cela reste une de mes piĂšces prĂ©fĂ©rĂ©es.Du piment dans les yeux de Simon Grangeat est aussi une piĂšce qui plaĂźt beaucoup aux Ă©lĂšves. Je l'ai lu avec une classe qui a participĂ© cette annĂ©e au prix collidram et cela a Ă©tĂ© un franc succĂšs. Pour l'annĂ©e prochaine, je n'ai pas trop d'idĂ©es pour l'instant....cannelle21VĂ©nĂ©rableAlors dans les piĂšces Ă©coutĂ©es cet Ă©tĂ©, j'ai beaucoup aimĂ© - La mort d'Achille pas taper Poupoutch A la guerre comme Ă  la game boy dĂ©jĂ  beaucoup aimĂ© La poupĂ©e je suis contente car j'ai enfin pu commander TragĂ©dies cherche maintenant Bamako-Paris, de y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de 9Merci beaucoup pour toutes ces idĂ©es !!! Je viens de passer une grosse commande lnaNiveau 6Est-ce que quelqu'un a dĂ©jĂ  montĂ© la piĂšce Cent culottes et sans papiers de Sylvain Levey ? Écusette de NoireuilExpert spĂ©cialisĂ© Re [Théùtre] PiĂšces Ă  jouer avec des Ă©lĂšves par Écusette de Noireuil Mer 28 AoĂ» - 1152Non , mais j'aime bien Sylvain Levey dont dont j'ai dĂ©jĂ  montĂ© Ô ciel ciel la procrĂ©ation est plus aisĂ©e que l' Celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie " Umberto Eco AjupouetFidĂšle du forumL’annĂ©e passĂ©e, en lycĂ©e, adaptation de Tous des oiseaux » de Wajdi adolescents, adultes il n'est jamais trop tard pour restaurer son geste d' - Facebookcannelle21VĂ©nĂ©rableBon, il va peut-ĂȘtre falloir que je trouve un plan B. J'ai rencontrĂ© mes Ă©lĂšves ce matin et ils sont inquiets Ă  l'idĂ©e de repartir sur une piĂšce grave Delta Charlie Delta. Je vais regarder ce que je trouve en plus lĂ©ger, mais ce n'est pas gagnĂ©..._________________Il y a des gens si bĂȘtes que si une idĂ©e apparaissait Ă  la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiĂ©e de de NoireuilExpert spĂ©cialisĂ©Si tu n'as jamais fait Songe d'une nuit d'Ă©tĂ©, c'est trĂšs chouette et trĂšs Celui qui ne lit pas ne vit qu'une seule vie " Umberto Eco lullabygreenNiveau 1En Terminale Alice et autres merveilles de Melquiot et en 1ere pour le dĂ©but d'annĂ©e par les temps qui courent de S. Levey puis sans doute L'EuropĂ©enne de D. Lescot, pour les secondes les collĂšgues montent Macbeth. J'aime beaucoup les piĂšces de Melquiot notamment Les sĂ©parables ou Le diable en partage ou Tasmanie. TardisNiveau 8On fait 'Le porteur d'histoires' cette similairesjouer des piĂšces au collĂšge/club théùtreCourtes piĂšces Ă  faire jouer aux Ă©lĂšves, niveau 4e?PiĂšce de théùtre Ă  jouer pour des Ă©lĂšves de CM22nde théùtre faire jouer les Ă©lĂšvesSĂ©quence théùtre faire jouer une scĂšne aux Ă©lĂšves ?Sauter versPermission de ce forumVous ne pouvez pas rĂ©pondre aux sujets dans ce forum Wajdi Mouawad est un personnage important dans le monde du théùtre quĂ©bĂ©cois contemporain. Traitant, entre autres, de la question des origines, du cycle de la haine et de la violence inhĂ©rente Ă  la guerre ainsi que du pouvoir de la connaissance, la piĂšce Incendies, sortie en 2003, deuxiĂšme volet de la tĂ©tralogie Le Sang des promesses, a connu un succĂšs international. Incendies est donc une piĂšce importante dans le paysage du théùtre de l’extrĂȘme contemporain. C’est pourquoi nous avons dĂ©cidĂ© de nous intĂ©resser de plus prĂšs Ă  cette piĂšce. Wadji Mouawad Wajdi Mouawad est dramaturge et metteur en scĂšne quĂ©bĂ©cois[1]. NĂ© au Liban le 16 octobre 1968 Coissard, p. 11, il devient enfant-soldat trĂšs jeune Coissard, p. 12. Il reste Ă  la solde des miliciens jusqu’à ses huit ans, moment oĂč ses parents dĂ©cident de quitter le pays. Ils s’établissent alors en France. En 1983, lorsque Mouawad a 15 ans, la famille quitte la France pour le QuĂ©bec. Au QuĂ©bec, Mouawad obtient son diplĂŽme de l’École Nationale de Théùtre du Canada en 1991. AprĂšs sa sortie de l’école, il cofonde le Théùtre Ô Parleur avec Isabelle Leblanc et dĂ©bute immĂ©diatement sa carriĂšre de metteur en scĂšne avec deux piĂšces Ă©crites par son frĂšre, soit Al Malja en 1991 et L’Exil en 1992 Coissard, p. 12-13. De cette Ă©poque Ă  aujourd’hui, Mouawad monte une foule de piĂšces de genres variĂ©s, dont des piĂšces qu’il a Ă©crites lui-mĂȘme Coissard, p. 14. DĂšs 1991, il met en scĂšne un texte Ă  lui, soit Partie de cache-cache entre deux TchĂ©coslovaques au dĂ©but du siĂšcle Coissard, p. 14-15. MOUAWAD, Wajdi, Incendies Le sang des promesses, 2, MontrĂ©al, LemĂ©ac/Actes Sud, coll. Babel », 2011. Cependant, Mouawad est principalement connu pour sa tĂ©tralogie théùtrale Le Sang des promesses. Ainsi, c’est en 1997 avec Littoral, premiĂšre piĂšce de sa tĂ©tralogie Coissard, p. 7, qu’il acquiert la reconnaissance de la critique et du public ainsi qu’une renommĂ©e internationale Coissard, p. 15. Cela lui permet de retourner en France dans le cadre de la prĂ©sentation de sa piĂšce. Incendies, la deuxiĂšme piĂšce du Sang des promesses, sort le 14 mars 2003 au théùtre Hexagone et est publiĂ©e la mĂȘme annĂ©e aux Ă©ditions LemĂ©ac/Actes Sud Coissard, p. 7. La piĂšce obtient un immense succĂšs et est adaptĂ©e en russe en 2007 au théùtre Et cetera Ă  Moscou Coissard, p. 15. En 2009, soit trois ans aprĂšs la sortie de ForĂȘts, le troisiĂšme volet de la tĂ©tralogie Coissard, p. 7, le metteur en scĂšne retourne pour une derniĂšre fois Ă  l’univers du Sang des promesses en concevant une nouvelle version de Littoral et en crĂ©ant Ciels, le quatriĂšme et ultime volet Coissard, p. 15. La mĂȘme annĂ©e, Incendies est rééditĂ©e dans la collection de poche Babel Coissard, p. 7. En 2010, Denis Villeneuve adapte la piĂšce au cinĂ©ma sous le mĂȘme titre[2]. Le film est prĂ©sentĂ© pour la premiĂšre fois Ă  la 67e Mostra de Venise et est nominĂ© aux Oscars dans la catĂ©gorie du meilleur film en langue Ă©trangĂšre. De plus, il remporte neuf prix Ă  la 13e cĂ©rĂ©monie des Jutra. PrĂ©sentation d’Incendies GenĂšse de l’Ɠuvre Dans la postface de l’édition de Babel parue en 2009, on apprend qu’à l’origine de la piĂšce Incendies il y a la prison Khiam[3]. Au dĂ©but de l’annĂ©e 2001, Mouawad invite JosĂ©e Lambert Ă  un lundiduda », des reprĂ©sentations organisĂ©es chaque mois au théùtre de Quat’Sous par Mouawad lui-mĂȘme p. 137. Photographe engagĂ©e, Lambert, au cours d’un voyage au Liban en 1995, prend en photo la prison de Khiam. Au lundiduda, Lambert raconte l’histoire de la prison Ă  Mouawad, qui n’en avait jamais entendu parler. Il s’agit d’une ancienne caserne française convertie en base de l’armĂ©e, puis en prison en 1985 p. 138. Au cours de la guerre, des milliers de Libanais et de Palestiniens sont emprisonnĂ©s de maniĂšre arbitraire. Ce n’est qu’en 2000 que la prison est finalement abandonnĂ©e, lorsqu’IsraĂ«l se retire du Liban p. 138-139. Au fil de son rĂ©cit, Lambert en vient Ă  raconter l’histoire de Souha Bechara, emprisonnĂ©e Ă  Khiam pour avoir tirĂ©e deux balles sur Antoine Lahad, le chef de l’ArmĂ©e du Liban-Sud ALS p. 139. À la suite de sa rencontre avec JosĂ©e Lambert, Mouawad se plonge dans l’histoire du Liban p. 143. Au fil de ses recherches, il dĂ©couvre les films documentaires de Randa Chahal Sabbag, une Libanaise vivant Ă  Paris qui s’intĂ©resse Ă  la guerre civile au Liban. Plus prĂ©cisĂ©ment, l’un de ces documentaires, intitulĂ© Souha, survivre Ă  l’enfer, s’attarde, comme le titre l’indique, Ă  la rĂ©sistante libanaise Souha Bechara. Mouawad Ă©crit alors Ă  Sabbag et celle-ci lui fait parvenir une copie du film p. 144. En dĂ©couvrant Souha Bechara, Mouawad se dit qu’elle est ce qu’il aurait pu ĂȘtre s’il Ă©tait restĂ© au Liban, qu’il pourrait ĂȘtre son jumeau p. 145. Il se rend alors Ă  Paris pour rencontrer Sabbag, oĂč cette derniĂšre lui propose une rencontre avec Souha Bechara. Quand Mouawad se retrouve en prĂ©sence de Bechara, il n’a pas encore lu son livre RĂ©sistante qui dĂ©taille son expĂ©rience p. 149. Il mentionne Ă  la rĂ©sistante qu’il ignorait tout de Khiam avant tout rĂ©cemment et qu’il a Ă©tĂ© choquĂ© d’apprendre que les bourreaux de Khiam vivaient au Canada aujourd’hui. Il parle aussi de l’histoire qui lui est venue de tout cela l’histoire d’une jeune fille amoureuse qui tombe enceinte et Ă  qui on enlĂšve son enfant p. 150. Cette jeune fille quitte son village, s’instruit, et devient journaliste. Quand la guerre Ă©clate, elle se joint Ă  la rĂ©sistance. Lors d’une opĂ©ration, elle est capturĂ©e et enfermĂ©e. Quand les autres se font torturĂ©s, elle chante, et obtient alors le surnom de la femme qui chante. En prison, elle est violĂ©e plusieurs fois, tombe enceinte et accouche d’une fille. Quand elle est libĂ©rĂ©e, elle quitte le pays avec son enfant. Plus tard, elle apprend que son violeur est le fils qu’elle cherchait. Quand elle l’apprend, elle cesse de parler. C’est en quittant Bechara que Mouawad se dit qu’il serait intĂ©ressant pour la rĂ©sistante d’avoir des jumeaux plutĂŽt qu’une fille p. 151. Ici, ceux qui ont lu Incendies reconnaĂźtront facilement les germes de ce qu’allait devenir la piĂšce. On comprend ainsi que la rencontre de Mouawad avec JosĂ©e Lambert, puis avec Souha Bechara, a Ă©tĂ© une grande inspiration. RĂ©sumĂ© de la piĂšce MOUAWAD, Wajdi, Incendies Le sang des promesses, 2, nouvelle Ă©dition, MontrĂ©al, LemĂ©ac/Actes Sud, coll. Acte Sud Papiers », 2009. Quand Nawal Marwan meurt, Hermile Lebel, son ami, notaire et exĂ©cuteur testamentaire, prĂ©sente son testament Ă  ses enfants, les jumeaux Jeanne et Simon Marwan. Selon les derniĂšres volontĂ©s de Nawal, une enveloppe est confiĂ©e Ă  chacun d’eux. Jeanne doit remettre la sienne Ă  leur pĂšre inconnu; Simon doit remettre la sienne Ă  leur frĂšre dont ils ignoraient jusqu’alors l’existence. Tandis que Simon refuse d’abord de se prĂȘter au jeu, Jeanne, elle, part en quĂȘte de ses origines au Liban. LĂ -bas, au fil des rencontres, elle apprend que sa mĂšre a Ă©tĂ© emprisonnĂ©e Ă  la prison de Kfar Rayat par le passĂ©, qu’elle Ă©tait connue sous le nom de la femme qui chante » et que son pĂšre n’est nul autre qu’Abou Tarek, le gardien de la prison qui a violĂ© sa mĂšre. AprĂšs cette dĂ©couverte, Simon part finalement en quĂȘte de leur frĂšre, accompagnĂ© d’Hermile Lebel. Sa quĂȘte le mĂšne auprĂšs d’un individu nommĂ© Chamseddine, qui lui rĂ©vĂšle que leur frĂšre, Nihad Harmanni, n’est pas l’enfant nĂ© du viol de Nawal par Abou Tarek, que c’est Jeanne et lui qui le sont. Il apprend qu’ils ont Ă©tĂ© d’abord recueilli par Chamseddine lui-mĂȘme, qui les a appelĂ© Janaane et Sarwane, et que Nihad, leur frĂšre, est aussi Abou Tarek, leur pĂšre. La vĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e, les jumeaux s’acquittent de leur derniĂšre tĂąche, remettant les deux lettres Ă  Nihad/Abou Tarek. Enfin, Hermile Lebel, sous les instructions de Nawal, leur remet une lettre de la part de leur mĂšre, qu’ils lisent. Personnages Incendies comporte un total de 15 personnages, dont trois personnages piliers Nawal, Jeanne et Simon, trois personnages secondaires importants Hermile Lebel, Sawda et Nihad Harmanni/Abou Tarek et neuf personnages que l’on dira transitoires ». Nous nous attarderons davantage aux personnages centraux. Les autres personnages seront mentionnĂ©s ou dĂ©crits par rapport Ă  la relation qu’ils entretiennent avec les personnages piliers. Nawal Marwan Nawal Marwan est le personnage central par excellence, car toute l’intrigue s’articule autour d’elle, aussi bien dans le passĂ© que dans le prĂ©sent. Nawal naĂźt au Liban. À l’adolescence, elle entretient une relation amoureuse avec Wahab et tombe enceinte. Jihane, sa mĂšre, refuse qu’elle garde l’enfant et elle est donc forcĂ©e de le donner Ă  sa naissance. Peu de temps aprĂšs, Nazira, sa grand-mĂšre, meurt, mais pas avant de lui prodiguer des conseils. Bien qu’elle apparaisse dans peu de scĂšnes, Nazira a une influence fondamentale sur l’avenir de Nawal. C’est en effet sur son conseil que celle-ci apprend Ă  lire et Ă  Ă©crire, entre autres pour pouvoir graver le nom de sa grand-mĂšre sur sa tombe, mais aussi pour rompre le cycle de la violence et de la haine par la connaissance. AprĂšs avoir gravĂ© le nom de sa grand-mĂšre, Nawal part Ă  la recherche de son fils, accompagnĂ©e de Sawda. En chemin, elle Ă©duque la jeune femme et devient son amie. Elle est finalement enfermĂ©e Ă  la prison de Kfar Rayat pour le meurtre du chef des milices, oĂč elle devient la femme qui chante », en mĂ©moire de Sawda qui chantait tout le temps. Elle est violĂ©e par le gardien de prison Abou Tarek, qu’elle ignore alors ĂȘtre son fils, et tombe enceinte de Jeanne et Simon. Elle accouche en prison. Plus tard, aprĂšs la guerre, les jumeaux sous sa garde, elle dĂ©couvre en suivant le procĂšs d’Abou Tarek que son violeur est aussi son fils perdu, ce qui la plonge dans le silence. Au dĂ©but de la piĂšce, Nawal vient juste de mourir. Elle a nommĂ© Hermile Lebel comme exĂ©cuteur testamentaire et confie aux jumeaux, Ă  travers son testament, une ultime quĂȘte. Jeanne Marwan Jeanne Marwan, fille de Nawal et sƓur jumelle de Simon, enseigne les mathĂ©matiques, et plus prĂ©cisĂ©ment la thĂ©orie des graphes, Ă  l’universitĂ© oĂč elle prĂ©pare son doctorat. Elle est trĂšs affectĂ©e par la mort de sa mĂšre et dĂ©cide rapidement de partir Ă  la recherche de son pĂšre et en quĂȘte de ses origines. Au fil de son parcours, Jeanne croise plusieurs personnages. D’abord, il y a Antoine, l’infirmier qui s’occupait de Nawal Ă  la fin de sa vie et celui qui a entendu ses derniers mots. AprĂšs la mort de Nawal, il va travailler pour un théùtre. Quand Jeanne vient le voir, il l’aide du mieux qu’il peut pour orienter ses recherches et lui remet les enregistrements qu’il a faits du silence de sa mĂšre. Jeanne rencontre ensuite Abdessamad, qui vient du mĂȘme village que Nawal. Ensuite, il y a Mansour, le guide de la prison de Kfar Rayat transformĂ©e en musĂ©e. Il la met sur la piste de Fahim, ancien gardien de la prison, reconverti en concierge. Il a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ© aprĂšs la guerre quand on a appris ce qu’il avait fait pour la femme qui chante. Quand celle-ci a accouchĂ©, plutĂŽt que de noyer son enfant il croit qu’il n’y en a qu’un seul comme il le faisait pour les autres, il le remet Ă  un paysan du nom de Malak. Malak, bien qu’il n’apparaisse que dans une seule scĂšne, joue un rĂŽle pivot. En effet, c’est lui qui apprend Ă  Jeanne que l’ancien gardien de prison n’a pas sauvĂ© un seul bĂ©bĂ©, son frĂšre inconnu, mais deux bĂ©bĂ©s, soit Simon et elle, qu’il a nommĂ© Janaane et Sarwane. Il s’agit donc du personnage apprenant Ă  Jeanne l’identitĂ© de son pĂšre, soit Abou Tarek, celui qui dirigeait la prison oĂč sa mĂšre Ă©tait retenue. Simon Marwan Simon Marwan, fils de Nawal et frĂšre jumeau de Jeanne, est un boxeur qui cherche Ă  en faire une carriĂšre professionnelle. Il en veut Ă  sa mĂšre pour avoir sombrĂ© dans le silence et refuse d’abord d’aller Ă  la recherche de son frĂšre. Finalement, aprĂšs avoir lu le tĂ©moignage de sa mĂšre dans le cahier rouge, Simon dĂ©cide de se lancer, aidĂ© d’Hermile Lebel. Hermile Lebel est le notaire et ami de Nawal, qui l’a dĂ©signĂ© comme exĂ©cuteur testamentaire. Il est trĂšs affectĂ© par sa mort et est bien dĂ©cidĂ© Ă  faire respecter ses derniĂšres volontĂ©s. Dans la piĂšce, il est mentionnĂ© qu’il a rĂ©cemment changĂ© de bureau. À noter, ce personnage permet l’introduction d’une touche d’humour dans la piĂšce, entre autres par le dĂ©tournement d’expressions communes. Au terme de sa quĂȘte, Simon rencontre Chamseddine, le chef de la rĂ©sistance du Sud. Tout comme pour Nazira ou Malak, ce personnage, bien que peu prĂ©sent physiquement », joue un rĂŽle clĂ© dans la piĂšce, puisque c’est lui qui rĂ©vĂšle Ă  Simon que son frĂšre perdu, Nihad Harmanni, est Ă©galement son pĂšre, Abou Tarek. Nihad Harmanni / Abou Tarek Le lecteur ou spectateur en vient donc Ă  concilier les deux hommes qui ne font qu’un. Nihad Harmanni, nommĂ© ainsi par ses parents adoptifs Roger et Souhayla Harmanni, devient tireur d’élite sous les ordres de Chamseddine. Il prend ensuite la route du Nord pour retrouver sa mĂšre, mais faute de succĂšs, est recrutĂ© par l’armĂ©e Ă©trangĂšre oĂč il devient un tireur d’élite cruel, qui prend en photo ses victimes et qui se fait des faux spectacles dans un pseudo-anglais. Quand il est promu au poste de chef de la prison, Nihad devient Abou Tarek. FascinĂ© par la femme qui chante, il se garde de la tuer et la viole Ă  rĂ©pĂ©tition. À son procĂšs, il Ă©voque le petit nez de clown, seule chose qui lui reste de sa mĂšre, et c’est ainsi que Nawal, suivant les procĂ©dures, apprend que son violeur est aussi le fils qu’elle a tant cherchĂ©, car elle avait laissĂ© Ă  ce dernier un petit nez de clown. Analyse dramaturgique Notre analyse portera sur les Ă©lĂ©ments dramaturgiques de la piĂšce qui appartiennent au courant de l’extrĂȘme contemporain. Nous sommes toutefois conscient qu’Incendies peut avoir des affinitĂ©s avec certains autres courants comme la postmodernitĂ© ou le théùtre d’Artaud. Nous avons ici fait le choix de nous concentrer sur son appartenance Ă  l’extrĂȘme contemporain. Pour ĂȘtre plus prĂ©cis, notre analyse s’articulera autour de quatre caractĂ©ristiques de l’extrĂȘme contemporain se retrouvant dans la piĂšce de Wajdi Mouawad le retour du rĂ©cit et du personnage, le refus de la catharsis, le rĂŽle central du traitement de la langue et l’éclatement du temps et de l’espace. Retour du rĂ©cit et du personnage Avec l’extrĂȘme contemporain, on assiste Ă  un retour du personnage et du rĂ©cit, lesquels avaient Ă©tĂ© dĂ©laissĂ©s au cours de la postmodernitĂ©. En ce qui concerne le personnage, cela signifie qu’il est de nouveau dotĂ© d’une Ă©paisseur psychologique. Ainsi, chaque personnage a sa personnalitĂ© propre; le personnage n’est plus interchangeable. Dans Incendies, on diffĂ©rencie effectivement les personnages les uns des autres. Mouawad va mĂȘme plus loin dans le dĂ©veloppement de ses personnages principaux, puisqu’il s’intĂ©resse Ă  la quĂȘte des origines de Jeanne et Simon et au parcours de vie de Nawal. Pour ce qui est du retour du rĂ©cit, on mentionnera simplement que la piĂšce rompt avec la postmodernitĂ© par le simple fait qu’elle raconte une histoire, ce qui la classe dans l’extrĂȘme contemporain. Ce qui caractĂ©rise normalement le rĂ©cit de l’extrĂȘme contemporain, c’est l’absence d’une fin bien dĂ©finie, l’histoire Ă©tant plutĂŽt laissĂ©e en suspens pour que le spectateur soit libre de formuler sa propre fin. Toutefois, Incendies s’éloigne de l’extrĂȘme contemporain en offrant une clĂŽture plutĂŽt conventionnelle, puisque la piĂšce s’achĂšve sur la fin du parcours initiatique des jumeaux et que ces derniers ont obtenu les rĂ©ponses Ă  leurs questions relativement Ă  leur origine. Refus de la catharsis Dans le théùtre de l’extrĂȘme contemporain, qui est pourtant parfois trĂšs violent, la catharsis n’opĂšre pas. C’est parce que la catharsis nĂ©cessite la reprĂ©sentation claire d’une figure du bien » et d’une figure du mal ». Dans le théùtre traditionnel, le spectateur peut facilement identifier le hĂ©ros du mĂ©chant, si bien qu’il peut aisĂ©ment reconnaĂźtre l’exemple Ă  ne pas suivre, ce qui est nĂ©cessaire pour que la catharsis fonctionne. Cependant, dans le théùtre de l’extrĂȘme contemporain, il est impossible de distinguer un hĂ©ros ou un mĂ©chant au sens habituel, car l’extrĂȘme contemporain porte l’idĂ©e que tout le monde est Ă  la fois bourreau et victime. Incendies illustre bien cette idĂ©e, puisqu’elle nous prĂ©sente plusieurs personnages apparemment rangĂ©s » dans le prĂ©sent, mais qui ont Ă©tĂ© coupables d’atrocitĂ©s par le passĂ©. On pensera notamment Ă  Fahim et Chamseddine. Quant Ă  Nihad/Abou Tarek, s’il est devenu cruel, on apprend toutefois que ce sont les circonstances de la vie qu’il a menĂ© aprĂšs que Nawal ait Ă©tĂ© forcĂ©e de l’abandonner qui l’ont rendu comme il est, si bien qu’on ne peut le voir simplement comme un vilain. D’autre part, l’idĂ©e que tout le monde est victime et bourreau est bien reprĂ©sentĂ©e dans la piĂšce par la formulation du cycle de la violence Ă  la scĂšne 17 p. 60-64, oĂč un mĂ©decin explique Ă  Nawal et Sawda que depuis des annĂ©es et des annĂ©es, un camp commet des atrocitĂ©s pour se venger des atrocitĂ©s commises par l’autre camp qui se vengeait lui-mĂȘme et ainsi de suite. Ici, ils sont donc tous bourreaux et victimes. Et c’est parce que tout le monde dans Incendies est bourreau et victime, que personne n’est bon » ou mauvais » au sens traditionnel du terme et que la catharsis n’opĂšre pas dans la piĂšce. RĂŽle central du traitement de la langue La langue du théùtre de l’extrĂȘme contemporain ne se veut pas rĂ©aliste, c’est-Ă -dire qu’elle ne cherche pas Ă  imiter la rĂ©alitĂ©. Il s’agit plutĂŽt d’une langue particuliĂšrement travaillĂ©e, qui est sculptĂ©e, poĂ©tique, théùtrale. Notamment, Incendies comporte plusieurs longues tirades et longs monologues tĂ©moignant de la primautĂ© du texte. Une autre caractĂ©ristique relativement au travail de la langue de l’extrĂȘme contemporain est l’emploi de tous les registres langagiers et de diffĂ©rentes langues. Dans la piĂšce, Mouawad Ă©crit tantĂŽt en français quĂ©bĂ©cois familier – qui inclut des insultes proprement quĂ©bĂ©coises – tantĂŽt dans un français standard soutenu. La scĂšne 2 p. 15-26 de la piĂšce met bien en Ă©vidence ce contraste, prĂ©sentant d’abord le testament de Nawal rĂ©digĂ© dans un parfait français, puis la tirade de Simon, qui parle dans un français quĂ©bĂ©cois populaire parsemĂ© de jurons. De mĂȘme, l’anglais et le français se cĂŽtoient dans le texte. L’exemple le plus marquant est la scĂšne 33 intitulĂ©e Les principes d’un franc-tireur » p. 115-116, oĂč Nihad/Abou Tarek imite un prĂ©sentateur amĂ©ricain dans un anglais approximatif contaminĂ© par le français. Toutefois, c’est gĂ©nĂ©ralement l’anglais qui vient contaminer le français, puisque le français quĂ©bĂ©cois, parlĂ© par les personnages de Jeanne et Simon, est naturellement Ă©maillĂ© d’anglicismes. Enfin, le travail de la langue se manifeste aussi dans Incendies d’une maniĂšre qui lui est propre Ă  travers le personnage d’Hermile Lebel, notamment par sa dĂ©formation des expressions courantes. DĂšs la premiĂšre page du texte, plutĂŽt que de dire la mer Ă  boire », il dit la mer Ă  voir » p. 13. Ainsi, Mouawad, grĂące Ă  ce personnage, peut non seulement jouer avec la langue Ă  loisir, mais peut Ă©galement insĂ©rer une touche d’humour dans un rĂ©cit autrement trĂšs grave. Éclatement de l’espace et du temps Incendies, dans la lignĂ©e de l’extrĂȘme contemporain, prĂ©sente un espace Ă©clatĂ©, c’est-Ă -dire que le lecteur/spectateur ne sait pas trĂšs bien oĂč se dĂ©roule l’action. Cet effet d’abstraction est notamment créé par une absence de nomination. Ainsi, jamais les pays ne sont nommĂ©s p. 151. Le Liban, par exemple, n’est jamais mentionnĂ© textuellement p. 153. On l’appelle plutĂŽt “le pays natal”, “le pays”, “le pays de votre mĂšre” », etc. De plus, la description du pays en elle-mĂȘme est trĂšs abstraite, puisqu’on situe les lieux en fonction des points cardinaux. Par exemple, NabatiyĂ© est simplement un village sur la route allant vers le Sud. Il faut noter que l’abstraction est maintenue mĂȘme si l’auteur Ă©voque quelques noms de lieux rĂ©els comme NabatiyĂ© et Kfar Matra, car il le fait en sachant qu’il Ă©crit pour un public quĂ©bĂ©cois n’ayant aucune connaissance de la gĂ©ographie libanaise p. 153-154. Il s’agit donc plus de clins d’Ɠil que d’autre chose. Enfin, on remarquera qu’aucune appartenance nationale ou religieuse n’est nommĂ©e directement dans le texte. On se contente de les dĂ©signer de maniĂšre gĂ©nĂ©rique par les rĂ©fugiĂ©s », les miliciens », la rĂ©sistance de la rĂ©gion de Sud » et l’ArmĂ©e du Sud » p. 154, ce qui contribue Ă  l’abstraction gĂ©nĂ©rale. L’espace n’est pas la seule chose qui soit Ă©clatĂ©e dans Incendies, le temps l’est aussi. D’abord, le temps est Ă©clatĂ© dans le sens qu’il ne s’écoule pas de façon linĂ©aire. Ainsi, on ignore sur combien de temps s’échelonne l’histoire et on ne sait pas combien de temps s’écoule entre les diffĂ©rentes scĂšnes. De mĂȘme, il faut mentionner que la chronologie globale de l’histoire ne correspond pas Ă  celle de la guerre du Liban p. 155. De plus, Mouawad brouille encore un peu plus les repĂšres temporels en Ă©vitant de fournir des dates prĂ©cises p. 156. Le temps de la piĂšce est donc un temps dilatĂ©, Ă  la signification symbolique p. 157, tel qu’illustrĂ© par des repĂšres temporels abstraits comme Nous sommes au dĂ©but de la guerre de cent ans » p. 76. Enfin, Mouawad achĂšve d’éclater le temps en entremĂȘlant les Ă©poques, alternant le rĂ©cit de Nawal au passĂ© et le rĂ©cit des jumeaux au prĂ©sent. Allant encore plus loin, il fait parfois se rencontrer les deux Ă©poques dans une mĂȘme scĂšne. Par exemple, dans la scĂšne 14 FrĂšre et sƓur » p. 53-57, non seulement on alterne entre Nawal/Sawda et Jeanne/Simon, mais Nawal et Sawda croisent Jeanne sur scĂšne. Jugement gĂ©nĂ©ral Selon nous, Incendies est l’une des meilleures piĂšces d’extrĂȘme contemporain des derniĂšres annĂ©es, car Wadji Mouawad parvient Ă  tirer le maximum des procĂ©dĂ©s propres Ă  l’extrĂȘme contemporain, notamment en ce qui concerne l’éclatement de l’espace et du temps et le travail de la langue. Ainsi, le dramaturge mĂ©lange habilement passĂ© et prĂ©sent, toujours de maniĂšre Ă  apporter une plus grande profondeur symbolique, sans que les transitions soient abruptes. Quant Ă  la langue, non seulement Mouawad offre un texte bien rythmĂ© et trĂšs poĂ©tique, mais il exploite aussi pleinement le potentiel que lui offre un milieu comme le QuĂ©bec, une province bilingue qui parle un français fortement influencĂ© par l’anglais. Mouawad n’hĂ©site donc pas Ă  utiliser tout le matĂ©riel langagier Ă  sa disposition pour rendre son texte efficace, combinant français standard, français quĂ©bĂ©cois, anglais, langue populaire et langue soutenue selon l’agencement le plus harmonieux. Se procurer Incendies [1] Françoise Coissard, Wajdi Mouawad Incendies, Paris, HonorĂ© Campion, collection Entre les lignes littĂ©ratures Sud », 2014, p. 7. DĂ©sormais, les rĂ©fĂ©rences Ă  ce texte seront indiquĂ©es entre parenthĂšses Ă  la suite des citations, avec la mention Coissard ». [2] AllocinĂ©, Incendies », page consultĂ©e le 12 septembre 2018. [3] Wajdi Mouawad, Incendies – Le sang des promesses 2, MontrĂ©al, LemĂ©ac/Actes Sud, coll. Babel », 2011, p. 136. DĂ©sormais, les rĂ©fĂ©rences Ă  ce texte seront indiquĂ©es entre parenthĂšses avec le numĂ©ro de page pertinent.

c était quand la derniÚre fois piÚce de théùtre