Notresite Web est le meilleur qui vous offre CodyCross Dessinateur de BD tournĂ© vers la science-fiction rĂ©ponses et quelques informations supplĂ©mentaires comme des solutions et des astuces. En plus de CodyCross, le dĂ©veloppeur Fanatee Inc a créé d’autres jeux incroyables. CodyCross Bienvenue au Japon Groupe 577 Grille 5 SpĂ©cialisĂ©dans la science-fiction hyperrĂ©aliste, l’Argentin, connu surtout pour la sĂ©rie « La Caste des MĂ©ta-Barons », s’est Ă©teint, vendredi 3 avril, Ă  l’ñge de 76 ans. Lemicrocosme français de la bande-dessinĂ©e est en deuil car il vient de perdre l’un de ses plus illustres reprĂ©sentant. Le dessinateur Jean-Claude MĂ©ziĂšres est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  l’ñge de 83 AndrĂ©Papazian – scĂ©nariste de Zorro. Fils du dessinateur de bandes dessinĂ©es Jean Pape (1920-2002), connu pour ses BD de Zorro, Sergent O’Brien ou Mick ArsĂšne, AndrĂ© Papazian est un auteur-scĂ©nariste atypique qui Ă©volue dans les domaines du voyage en train, de la batellerie de plaisance, du tourisme et de la BD. JeanGiraud, plus connu sous le nom de MƓbius, est mort samedi Ă  Paris. NĂ© en 1938 Ă  Nogent-sur-Marne, il s’était fait connaĂźtre sous le pseudonyme de Gir en dessinant le Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd Nợ Xáș„u. SERIE Professeur Infini DESSINATEURS SCENARISTES EDITEURS COLLECTION PRIX 16 € DATE DE SORTIE 05/06/2015 EAN 2070655016 Achat Brillant scientifique, le Professeur Infini a vu sa carriĂšre basculer le jour oĂč l’une de ses expĂ©riences sur les univers parallĂšles a malencontreusement tournĂ© Ă  la catastrophe, le transformant en petit homme bleu et perturbant par la mĂȘme occasion l’équilibre des univers ! Depuis cet instant, il dĂ©ploie toute son Ă©nergie, et son savoir, pour tenter de rĂ©parer les dĂ©gĂąts. Pour retrouver son apparence initiale, il lui faut recrĂ©er un passage vers la dimension qu’il a endommagĂ©e. À cette fin, le Professeur Infini s’est entourĂ© d’une Ă©quipe de choc composĂ©e de compagnons assez curieux, Olrik, Miss Ward, Iva ou encore Miles, tous dotĂ©s de pouvoirs Ă©tonnants. Pour cette bande d’aventuriers, tout va subitement se bousculer et s’accĂ©lĂ©rer avec la dĂ©couverte d’une humanoĂŻde Ă  la peau bleue ! Sera-t-elle la clĂ© de tous les problĂšmes du Professeur Infini, ou au contraire le catalyseur de ses soucis ? La collection Bayou, que les Ă©ditions Gallimard et Joann Sfar chouchoutent depuis une dizaine d’annĂ©es maintenant, accueille cet Ă©tĂ© deux petits nouveaux dans leurs rangs en la personne du Professeur Infini et de Marc Lataste son crĂ©ateur, qui publie ici son tout premier album BD au format papier. Rapidement, on perçoit chez cet auteur, qui en parallĂšle s’intĂ©resse depuis longtemps aux webcomics et Ă  la BD numĂ©rique, de multiples influences issues du monde de la BD, de l’animation et des jeux vidĂ©o des annĂ©es 80 et 90. Les jeunes quarantenaires qui ont grandi dans ces univers retrouveront avec plaisir de nombreux clins d’oeil sympathiques. Mais cette aventure oĂč la science-fiction prĂ©domine s’adresse Ă©galement aux jeunes lecteurs qui n’auront pas de mal Ă  adhĂ©rer au scĂ©nario parfaitement huilĂ© qui leur est proposĂ©. De l’action, du mystĂšre, un voile de sentiments, des pĂ©ripĂ©ties et des rebondissements, tout cela s’articule et prend forme avec beaucoup de fluiditĂ© tout au long des 96 pages bien rythmĂ©es de cet album. CĂŽtĂ© dessin, tout est aussi simple et efficace, un trait assurĂ©, un traitement des couleurs percutant et des personnages attachants. Toutes les influences sont parfaitement maĂźtrisĂ©es et ne plombent pas, loin de lĂ , la dynamique créée ! Ce premier tome ouvre pas mal de pistes pour la suite et on espĂšre que Marc Lataste aura l’occasion d’approfondir son univers avec une suite Ă  la hauteur de ce premier essai, transformĂ© haut la main ! Edmond le Cochon T2 Album BD de la SĂ©rie Edmond le Cochon Titre Edmond le Cochon Paru le 17 Juin 2010 Dessin Jean-Marc Rochette ScĂ©nario Martin Veyron Genre Humour Public Ados-Adultes Editeur CORNÉLIUS Collection SOLANGE EAN 9782915492347Prix public 22,50 € Ce qu'en dit l'Ă©diteur Suite de la réédition de l'intĂ©grale ... Suite ... Edmond le Cochon T1 Album BD de la SĂ©rie Edmond le Cochon Titre Edmond le Cochon Paru le 01 Juin 2003 Dessin Jean-Marc Rochette ScĂ©nario Martin Veyron Genre Humour Public Ados-Adultes Editeur CORNÉLIUS Collection SOLANGE EAN 9782909990880Prix public 22,50 € Ce qu'en dit l'Ă©diteur Au dĂ©but des annĂ©es 80, faisant Ă©cho Ă  ... Suite ... Alfred Hitchcock - AFP / Rue de SĂšvres 2018Plusieurs albums de BD sortis rĂ©cemment retracent le parcours, rĂ©el ou imaginaire, de cinĂ©astes cĂ©lĂšbres ou tombĂ©s dans l' Spirou, Marvel
 Le cinĂ©ma raffole de BD. Le 9e Art, de son cĂŽtĂ©, est souvent considĂ©rĂ© par des nombreuses personnalitĂ©s du 7e Art comme un moyen pour faire des films Ă  bas coĂ»ts on ne compte plus les scĂ©narios inachevĂ©s ou non produits devenus des albums ou les scĂ©naristes et rĂ©alisateurs qui se sont tournĂ©s vers l’édition pour Ă©tancher leur soif de 2018, une demi-douzaine de BD sur le sujet a paru. Inscrits dans des genres trĂšs diffĂ©rents livre pour enfants, enquĂȘte, pastiche
, ces titres Ă©voquent pour la plupart des pans dĂ©sormais disparus, voire oubliĂ©s, de l’Histoire du 7e Art. Et ont une ambition les remettre au goĂ»t du d’Hitchcock, La Bobine d’Alfred de Nicolas Pitz et Malika Ferdjoukh est animĂ© d'une ambition didactique, voire ludique. Tout comme Avec Edouard Luntz de Julien Frey et Nadar ou encore Midi-Minuit de Doug Headline et Semerano Massimo, hommage au cinĂ©ma d’exploitation italien des annĂ©es 1960 et de BD parlant de cinĂ©ma © Rue de SĂšvres / Futuropolis / DupuisLorsque l’on Ă©voque des films aussi cĂ©lĂšbres que ceux de Hitchcock ou un genre aussi codifiĂ© que celui du giallo, impossible de ne pas truffer son histoire de rĂ©fĂ©rences. "Le but Ă©tait de prendre des petites choses de chacun de ses films, sans cela ne nuise pas au rĂ©cit", prĂ©cise Nicolas Pitz, dessinateur de La Bobine d’ d’un roman de Malika Ferdjoukh destinĂ© Ă  la jeunesse, cet album vise cependant un public plus large. "Comme on parlait d’Alfred Hitchcock, on avait vraiment peur de perdre tout le monde si on visait un public trop jeune, parce qu’il y a beaucoup de rĂ©fĂ©rences", indique-t-il, avant d’ajouter "J’ai fait des interventions scolaires au festival d’Amiens. C’était trĂšs compliquĂ©. Il y en avait gĂ©nĂ©ralement qu’un ou deux Ă©lĂšves qui savaient qui Ă©tait Alfred Hitchcock".Midi-Minuit © DupuisDonner envie aux gens d'aller voir des filmsDans Midi-Minuit, histoire qu’il devait rĂ©aliser au cinĂ©ma, Doug Headline imagine une enquĂȘte policiĂšre tournant autour d’un cinĂ©aste fictif, Marco Corvo, sorte de mĂ©lange entre le romancier italien Valerio Evangelisti et le cinĂ©aste culte Mario Bava. Pour parfaire ce personnage, le scĂ©nariste a imaginĂ© une filmographie aux titres plus vrais que natures et parodiant Dario Argento Un papillon sous la lune de sang, La Valse lente du scorpion, Le Chaud baiser de la tarentule
"Le but du jeu Ă©tait de semer le doute chez le lecteur pour qu’il se demande si ce rĂ©alisateur italien dont on parle a vraiment existĂ©", commente celui qui veut jouer avec les codes du giallo, un genre "extrĂȘmement ludique et amusant". Bien que ces films soient en grande partie assez mauvais "il y en a environ 180, dont 140 Ă  jeter", estime-t-il, son ambition est de "faire connaĂźtre des films qui ne sont plus si faciles d’accĂšs que ça" et "donner envie aux gens d’aller les dĂ©couvrir".Pour ressusciter ce cinĂ©ma d’antan, dĂ©cimĂ© dans les annĂ©es 1980 par l'avĂšnement de la vidĂ©o et la mainmise de Berlusconi sur la production, Midi-Minuit propose un dossier thĂ©matique sur le sujet. Doug Headline appuie Ă©galement son rĂ©cit sur des anecdotes vĂ©ridiques et utilise de vĂ©ritables phonogrammes de classiques du cinĂ©ma bis italien. "Il faut montrer Ă  quoi ça ressemblait", indique le fils de Jean-Patrick Manchette qui a glissĂ©, dĂšs les premiĂšres pages, une perle du genre Vierges pour le bourreau - "un des films les plus mal jouĂ©s de l’histoire du cinĂ©ma", selon Edouard Luntz © FuturopolisDonner Ă  voir des films disparusLe scĂ©nariste Julien Frey et le dessinateur Nadar se penchent eux aussi sur un cinĂ©ma disparu. Dans Avec Edouard Luntz, le duo redonne vie Ă  la filmographie de ce cinĂ©aste français, devenue invisible. "Je n’aime pas trop aller vers ce qui brille", prĂ©cise Julien Frey. "Je prĂ©fĂšre les gens dont on ne parle pas. Je ne sais pas si c’est une bonne idĂ©e, mais c’est naturellement vers cela que je vais."Pour retracer la carriĂšre de cet auteur d’une dizaine de films dont un, Le Grabuge, a complĂštement disparu aprĂšs un litige avec son producteur Darryl F. Zanuck, Julien Frey a prĂ©fĂ©rĂ© recourir aux "moyens illimitĂ©s de la BD" "En terme de rĂ©cit, l’album est trĂšs alambiquĂ© et pour le cinĂ©ma jamais, je crois, un producteur n’aurait acceptĂ© ça. Avec la BD, on est libre de dessiner et d’écrire ce que l’on veut."Avec Edouard Luntz "n’est pas une biographie", insiste Julien Frey. "Ce n’est pas non plus une fiction, parce que l’on parle d’évĂ©nements rĂ©els. C’est plus une enquĂȘte-reportage, une dĂ©claration d’amour Ă  un cinĂ©aste et une interrogation sur le destin des films que l’on n’a pas les moyens de restaurer." L’album donne Ă  voir les films de Luntz, dont seul le premier, Les CƓurs verts, a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une sortie DVD. "L’idĂ©e de l’album est de partir Ă  la rencontre de Luntz Ă  travers ses films et les gens qu’il cĂŽtoyait au cours de sa vie", analyse Julien Frey. "C’était important de montrer les films. Puisqu’on ne peut pas les voir, au moins, on peut les lire et plonger dans cet univers Ă  travers l’album".Certains photogrammes ont Ă©tĂ© reproduits fidĂšlement, d’autres ont Ă©tĂ© inventĂ©s, notamment pour Le Grabuge. Lorsque l’on s’attaque au cinĂ©ma, et a fortiori Ă  des personnalitĂ©s connues du grand public, difficile d’éviter le mimĂ©tisme. Nadar a trouvĂ© un compromis. "Il a simplifiĂ© les personnes existantes, comme Michel Bouquet, de sorte que les lecteurs les reconnaissent immĂ©diatement", explique Julien Frey. "Pour d’autres personnages, il a choisi a de se dĂ©marquer de la rĂ©alitĂ©, comme si des comĂ©diens interprĂ©taient les rĂŽles".Couvertures de BD sur Luis Bunuel et Alfred Hitchcock © GlĂ©nat / DargaudHitchcock caricaturĂ©MĂȘme son de cloche pour Luca Erbetta, dessinateur de Dans les eaux glacĂ©es du calcul Ă©goĂŻste, polar qui Ă©voque les mƓurs dissolues de l’entre-deux-guerres via le trio infernal Dali, Buñuel et Cocteau. "Je n’avais aucune directive. J’ai composĂ© avec mon style, qui est plutĂŽt rĂ©aliste. Je me suis concentrĂ© sur l’expression des personnages plutĂŽt que sur une reprĂ©sentation prĂ©cise du visage de chacun", dit le dessinateur, qui a privilĂ©giĂ© le romanesque sur le une scĂšne, Dali et Buñuel se gaussent devant un film pornographique. La scĂšne n’a sans doute pas eu lieu, mais peu importe "L’idĂ©e n’est pas de faire une biographie exacte, mais de raconter un esprit de l’époque. On a jouĂ© sur ce qui aurait pu ĂȘtre. Ils Ă©taient assez subversifs. Il est bien probable qu'ils aient pu voir un tel film". Pour retrouver le Paris des annĂ©es vingt et le parfum des films de l’époque, le dessinateur a donc travaillĂ© sur un papier jauni et a usĂ© d’un "noir et blanc colorĂ©" tout en privilĂ©giant des cadrages trĂšs Pitz, quant Ă  lui, a employĂ© des couleurs proches du Technicolor. Comme l’histoire est vue par les yeux d’un enfant, il voulu Ă©viter un dessin trop rĂ©aliste. Son Hitchcock est donc caricaturĂ© "C’est un enfant projetĂ© aux Etats-Unis. Le trait devait ĂȘtre assez enfantin. Le personnage voit ce qu’il se passe comme je l’ai dessinĂ©".Preuve que Hitchcock continue de fasciner Dargaud sortira le 14 septembre Sir Alfred Dargaud de Tim Hensley, qui propose une sĂ©rie d’anecdotes apocryphes et moqueuses sur l’auteur de La Mort aux trousses. Casterman publiera prochainement Cooper - Un guerrier Ă  Hollywood de Florent Silloray, une biographie du rĂ©alisateur de King Kong, connu pour ses penchants esclavagistes et son Maccarthysme primaire. Franco-Belge, Comic & Manga Blog/ex-Librairie Soleil Vert Si vous avez tous eu entre vos mains un album de Tintin, une sĂ©rie de Tezuka ou un exemplaire de Batman, vous avez peut-ĂȘtre remarquĂ© qu’en fonction des pays, le livre BD varie substantiellement dans sa taille, son format, sa pagination, sa conception, sa diffusion. Je vous propose d’en faire rapidement le tour, d’établir les caractĂ©ristiques des 3 formats les plus rĂ©pandus Europe, Etats-Unis, Japon. Car chaque format a ses contraintes, et ces contraintes dĂ©terminent la conception Ă©criture, dessin, couleurs, la fabrication et la diffusion
 1 La BD Franco-Belge La Bande DessinĂ©e dite franco-belge » correspond, vous le savez, Ă  l’album de 46 pages couleurs qui a Ă©tĂ© peu Ă  peu modelĂ© par les Ă©diteurs historiques Casterman, Dargaud, Dupuis, Le Lombard. MĂȘme si le recours au logiciel de type Photoshop est en passe, comme aux USA, d’uniformiser la mise en couleur des BD europĂ©ennes, on trouve encore sur le continent des pages rĂ©alisĂ©es en couleur directe Ă  la main, traditionnelle. MalgrĂ© l’explosion rĂ©cente du Roman Graphique la BD qui se lit comme un roman, en one-shot, la plupart des albums franco-belges sont des histoires Ă  suivre », c’est-Ă -dire qui s’inscrivent dans une logique de sĂ©rie personnage, genre, dĂ©cors, ton rĂ©currents. Leur fabrication prend du temps, seuls 2 ou 3 auteurs scĂ©nariste, dessinateur, coloriste travaillent dessus. Et mĂȘme si les livres ne font que 46 pages, le niveau de dĂ©tail attendu, surtout pour une sĂ©rie au trait rĂ©aliste, est Ă©levĂ©. C’est pourquoi, il faut souvent attendre 1 an avant de voir le tome suivant sortir. Ce format s’inscrit Ă©galement dans le marchĂ© du livre europĂ©en, qui diffĂšre du modĂšle anglo-saxon. En Europe continentale, les crĂ©ateurs sont considĂ©rĂ©s comme des auteurs. Ils perçoivent des droits d’auteurs, sont intĂ©ressĂ©s au succĂšs Ă©ventuel de la sĂ©rie ou de l’album s’il/elle est adaptĂ©/e au cinĂ©ma PersĂ©polis, Les Profs, Quai d’Orsay, Le Chat du rabbin
. Ils ont Ă©galement un droit de regard sur leur Ɠuvre, puisqu’elle est leur crĂ©ation. Il faut nuancer cependant cette affirmation. Nous voyons Ă©merger une nouvelle forme d’Ɠuvres hybrides, qui sont Ă  la confluence des modĂšles europĂ©ens et anglo-saxons. Des auteurs travaillent sur des licences dont ils ne sont pas les crĂ©ateurs. C’est le cas de Spirou & Fantasio, Blake & Mortimer, XIII Mystery
 En gĂ©nĂ©ral, c’est l’éditeur qui a rĂ©cupĂ©rĂ© les droits de la sĂ©rie et souhaite les exploiter au mieux. Cette stratĂ©gie d’éditeur convient aux auteurs qui sont sollicitĂ©s la rĂ©munĂ©ration proposĂ©e est intĂ©ressante et il y a une rĂ©elle possibilitĂ© de percevoir une part des bĂ©nĂ©fices d’une publication trĂšs grand public, aprĂšs remboursement des avances sur droits. Si on s’éloigne du droit d’auteur Ă  la française, on ne duplique pas non plus les rĂšgles du copyright anglo-saxon. 2 Les Comics Miller, Batman Aux USA, les Ă©diteurs classiques publient d’abord la sĂ©rie ou la mini sĂ©rie sous formes d’épisodes de 22 pages, dans un format souple, incluant souvent des encarts publicitaires. C’est ce qu’on appelle les issues ». Ces Ă©pisodes sont diffusĂ©s tous les mois en magasin spĂ©cialisĂ©. En format souple, comme n’importe quel autre magazine. Ensuite, quand le rĂ©cit est complet, l’éditeur publie l’intĂ©grale sous forme d’un recueil de taille variable, cela dĂ©pend du nombre d’épisodes appelĂ© Trade Paperback ». Ce recueil dispose cette fois d’une couverture brochĂ©e et l’éditeur a pris soin d’enlever les encarts publicitaires. Si l’on trouve les Trade Paperback en Comic Book store, on peut Ă©galement les acheter en librairie gĂ©nĂ©raliste. Le gabarit d’une page de comic book est plus Ă©troit que celui d’une planche franco-belge 17×26 cm au lieu de 24×32 cm. En consĂ©quence, le dĂ©coupage d’une page amĂ©ricaine tourne autour de 5/6 cases environ, moins qu’en Europe. Les cases mettent plus en scĂšne l’action et les personnages que les dĂ©cors et les accessoires. Enfin, le choix des cadrages est plus cinĂ©matographique, la narration se voulant dynamique et hollywoodienne gros plans, insert, case au format cinĂ©mascope
 En outre, les comics sont des rĂ©cits plus longs que ceux de leurs homologues europĂ©ens, mais il faut ensuite tenir les cadences. Le dessinateur doit rationnaliser son travail. Illustrer un dĂ©cor prend plus de temps. Comme pour le marchĂ© europĂ©en, la BD amĂ©ricaine est en couleur. Une couleur aujourd’hui rĂ©alisĂ©e principalement par ordinateur, ce qui lui donne un cĂŽtĂ© plus industriel que sa sƓur franco-belge. Le rendu des comics d’aujourd’hui est assez uniforme d’un Ă©diteur Ă  l’autre, d’une sĂ©rie Ă  l’autre souvent brillant, rĂ©haussĂ© d’effets de lumiĂšre numĂ©rique. Ce que la chaĂźne de production gagne en efficacitĂ©, elle le perd hĂ©las en diversitĂ©. La BD amĂ©ricaine est de maniĂšre gĂ©nĂ©rale trĂšs industrialisĂ©e, taylorisĂ©e. Chaque tĂąche est souvent accomplie par un collaborateur diffĂ©rent scĂ©nario, dessin, encrage, lettrage, colorisation. Cela correspond aussi au modĂšle Ă©conomique amĂ©ricain et anglais le copyright. C’est l’éditeur qui dĂ©tient les droits de la sĂ©rie personnages, univers. Les artistes sont considĂ©rĂ©s comme des prestataires, ils sont payĂ©s Ă  la tĂąche, ne perçoivent pas de droits d’auteur et n’ont pas de droits de regard sur la sĂ©rie. 3 Les Mangas Le Manga est nĂ© aprĂšs la seconde guerre mondiale, ce qui explique l’apparition de certaines conventions liĂ©es aux nĂ©cessitĂ©s de l’époque produire un contenu Ă  faible coĂ»t. Une bonne partie des codes graphiques du Manga ont Ă©tĂ© Ă©tablis par l’un de ses pĂšres fondateurs Osamu Tetzuka Astro Boy, Le Roi Leo, Les 3 Adolf
, grand fan des productions Disney. Le sens de lecture correspond Ă  la norme japonaise, il est inverse Ă  la rĂšgle occidentale de droite Ă  gauche. DĂ©sormais, en France, comme aux USA, les versions traduites respectent cette logique. Ce qui demande au lecteur de s’habituer Ă  lire les cases dans le sens inverse que celui appris Ă  l’école
 La page est Noir & Blanc elle coĂ»te moins cher Ă  la fabrication. Pour pallier cette absence de diversitĂ© chromatique, le Manga compense par l’utilisation de calques de trames, qui permettent de crĂ©er des effets, des nuances. Contrairement au marchĂ© amĂ©ricain et europĂ©en, les publications japonaises continuent d’ĂȘtre primo-diffusĂ©es en presse, dans d’énormes journaux d’éditeurs ShĂŽnen Jump, ShĂŽnen Magazine, ShĂŽnen Sunday par exemple qui testent ainsi le potentiel commercial des sĂ©ries avant de les publier en librairie. Les sĂ©ries sont initialement publiĂ©es chapitre par chapitre, sur du papier de mauvaise qualitĂ©, Ă  l’intĂ©rieur d’imposants recueils mensuels ou hebdomadaires. Si le succĂšs public est au rendez-vous, la sĂ©rie continue et a droit Ă  sa republication en volumes, qui compilent plusieurs chapitres. Quelques sĂ©ries ne font que 5 volumes, les autres en compte 10 ou 20. Chaque volume comporte environ 20 pages. Si le dĂ©cor est traitĂ© de maniĂšre rĂ©aliste, les personnages sont plus stylisĂ©s et leurs yeux sont volontairement agrandis cela vient de la passion de Tezuka pour les films de Disney. Ce qui rend la tĂąche du dessinateur plus facile, il a plus d’espace pour marquer les changements d’émotions de ses personnages. Du fait du nombre de pages demandĂ©e bien plus consĂ©quent, les auteurs de Manga privilĂ©gient depuis l’époque de Tezuka des plans cinĂ©matographiques plans serrĂ©s, dĂ©coupage minutieux d’un moment d’action. En clair, le Manga est plus proche de la narration audiovisuelle que les comics ou le format franco-belge. Le recours au lettrage graphique, insĂ©rĂ© dans l’image, notamment les onomatopĂ©es, est beaucoup plus frĂ©quent que dans les ouvrages occidentaux Toriyama, Dragon Ball Super Le format est encore plus petit que celui des comics un peu moins qu’un A4 14×21 cm, qui est dĂ©jĂ  plus petit que celui des BD europĂ©ennes, mais contient autant de cases qu’un comic book. Les cases ont plutĂŽt des formes de parallĂ©lĂ©pipĂšdes, les bandes sont souvent obliques. Enfin, dans les publications ShĂŽnen et ShĂŽjo pour adolescents, les personnages peuvent soudainement ĂȘtre caricaturĂ©s quand ils sont sous le coup d’une Ă©motion forte colĂšre, honte, par exemple. C’est ce qu’on appelle le format SD ou Super Deformed » exemple de SD Wikipedia À la suite de mon article paru dans le collectif Les dieux cachĂ©s de la science-fiction française et francophone, dirigĂ© par Natacha Vas-Deyres, Patrick Bergeron, Patrick Guay, Florence Plet-Nicolas et DaniĂšle AndrĂ©, je poursuis mon exploration de la bande dessinĂ©e de science-fiction française prĂ©-1945. Aujourd’hui, il sera Ă  la fois question d’un ouvrage peu connu de Calvo, La CroisiĂšre fantastique, et d’une collection de rĂ©cits complets des annĂ©es 1940 publiĂ©e par les Ă©ditions SEPIA, Les Cahiers d’Ulysse. Calvo et sa CroisiĂšre Fantastique C’est d’abord par l’intermĂ©diaire d’Edmond-François Calvo que j’ai dĂ©couvert cette manne de bandes dessinĂ©es populaires de science-fiction que sont les Cahiers d’Ulysse. Quand on Ă©voque le nom de Calvo, on pense avant tout Ă  Patamousse, Ă  La bĂȘte est morte, Ă  Moustache et Trotinette, bref, Ă  une imagerie animaliĂšre et enfantine ambivalente qui oscille de mignonnes fantaisies champĂȘtres Ă  des paraboles politiques nettement moins innocentes. Le tropisme animalier de Calvo ne doit pas faire oublier que dans une premiĂšre partie de sa carriĂšre il est nĂ© en 1892, il a commencĂ© comme dessinateur de presse au Canard enchaĂźnĂ©. C’est surtout Ă  partir de la fin des annĂ©es 1930 que sa carriĂšre au service du public enfantin se dĂ©veloppe vĂ©ritablement surtout Ă  la SociĂ©tĂ© Parisienne d’Edition et qu’il choisit, dans les annĂ©es 1940 et 1950 ce style animalier qui l’a rendu cĂ©lĂšbre. NĂ©anmoins, comme le note Gilles Ratier avec justesse, la part de l’oeuvre de Calvo hors du registre animalier n’est finalement pas si nĂ©gligeable, et La CroisiĂšre fantastique en est un bon exemple. Il est aussi l’exemple unique d’une incursion de cet auteur dans le genre de science-fiction Calvo prĂ©fĂšre le plus souvent le moyen-Ăąge comme terrain de prĂ©dilection du dĂ©paysement aventuresque. La CroisiĂšre Fantastique est un rĂ©cit complet scĂ©narisĂ© par un certain Alain Monjardin » et publiĂ© par les Ă©ditions SEPIA. Il raconte l’histoire de trois ingĂ©nieurs français, une femme et deux hommes, qui, au cours d’une expĂ©dition maritime qui tourne mal, vont dĂ©couvrir l’Atlantide. Ce territoire sous-marin est divisĂ© en deux camps, celui du roi Eric Kral, le mĂ©chant » et celui de l’impĂ©ratrice Sylvayne, la gentille ». L’histoire est d’un manichĂ©isme dĂ©solant qui n’est pas sans rappeler La bĂȘte est morte, dessinĂ© presque en mĂȘme temps. D’abord sĂ©parĂ©s dans l’un et l’autre camp, les ingĂ©nieurs se retrouvent finalement auprĂšs de l’impĂ©ratrice bienveillante qu’ils vont aider Ă  triompher du roi Eric Kral. Tout le rĂ©cit est conçu sur un mode binaire le roi Kral, conseillĂ© par le savant Nodji, invente des machines pour combattre l’impĂ©ratrice et rĂ©cupĂ©rer l’ingĂ©nieur Maurice dont le savoir lui serait utile, et Maurice imagine des parades Ă  chaque nouvelle invention jusqu’à rĂ©ussir Ă  dĂ©truire l’armĂ©e adverse et Ă©liminer Kral et Nodji lors d’une ultime poursuite. Le mĂ©canisme rĂ©pĂ©titif donne lieu Ă  un rĂ©cit court, plutĂŽt dense, qui a peu Ă  voir avec le reste de la production de Calvo. Une couverture en couleurs oĂč Calvo montre son goĂ»t pour le grotesque En tant que rĂ©cit de science-fiction, on remarque tout de suite, dans les thĂšmes, une double influence d’un cĂŽtĂ© le scĂ©nariste Monjardin exploite le bon vieux principe du mĂ©lange science-fiction/fantasy venu des auteurs anglo-saxons ; de l’autre il se rattache bien Ă  deux mythes de la littĂ©rature de science-fiction europĂ©enne, voire française l’ingĂ©nieur-hĂ©ros qui s’oppose aux surhommes et soldats Ă  l’amĂ©ricaine et l’Atlantide. Cette rĂ©fĂ©rence Ă  l’Atlantide mĂ©rite d’ĂȘtre examinĂ©e plus prĂ©cisĂ©ment. Ce mythe ancestral remontant Ă  l’antiquitĂ© grecque est bien connu de la littĂ©rature française et donne toujours lieu, dans l’entre-deux-guerres, Ă  plusieurs fictions dĂ©jĂ  chez Jules Verne dĂšs 1869, puis avec L’Atlantide de Pierre Benoit en 1919, ou documentaires l’abbĂ© ThĂ©ophile Moreux, vulgarisateur scientifique, avec L’Atlantide a-t-il existĂ© ? en 1924. On peut donc supposer que ce thĂšme rĂ©sonne chez des lecteurs des annĂ©es 1940 et n’a pas la saveur exotique des super-hĂ©ros ou des rayons de la mort Ă  l’amĂ©ricaine. Toutefois, la rĂ©fĂ©rence Ă  l’Atlantide n’est absolument pas explicitĂ©e le monde est dĂ©signĂ© comme telle dans les premiĂšres cases, mais le sujet de la civilisation perdue n’est jamais rĂ©ellement interrogĂ©. Il s’agit bien d’une Ă©vocation de la tradition europĂ©enne, mais sur un mode mineur, sans influence sur le rĂ©cit lui-mĂȘme. Une science-fiction graphique entre rĂ©alisme et grotesque Car pour le reste, et particuliĂšrement sur le style graphique, il faut bien avouer que l’influence amĂ©ricaine est manifeste. Cette influence ne se voit pas tant dans le choix des rĂšgles du dessin acadĂ©mique classique canons du rĂ©alisme anatomique dans la reprĂ©sentation humaine qui, aprĂšs tout, sont connus en Europe depuis longtemps, que dans le fait d’associer ce rĂ©alisme au genre de l’aventure scientifique. L’influence d’Alex Raymond ou Burne Hogarth est rĂ©elle et permet, par rapport aux normes de la bande dessinĂ©e Ă  la française » d’opĂ©rer quelques choix qui dynamisent le rĂ©cit variĂ©tĂ©s des cadrages, du gros plan au plan d’ensemble, canons esthĂ©tiques hollywoodiens dans la reprĂ©sentation des hĂ©ros, alternance entre dialogues en bulles et rĂ©citatifs en bas de case chez Calvo. Pour un dessinateur dont le style classique » n’est pas le dessin rĂ©aliste, il s’agit d’aller piocher dans les normes des comics de science-fiction et de fantasy importĂ©s des Etats-Unis qui rencontrent un grand succĂšs depuis 1936 dans des revues comme Robinson, Hurrah ! et L’IntrĂ©pide. L’intrigue elle-meme, qui raconte l’affrontement entre un mĂ©chant roi et une bienveillante impĂ©ratrice par l’intermĂ©diaire de visiteurs terriens », est en partie un calque de l’intrigue de Flash Gordon. Nous sommes bien dans le cadre d’une guerre intergalactique, transposĂ©e artificiellement en Atlantide. Cette alternance de style ne doit pas surprendre elle est typique des annĂ©es 1930-1940 et des mutations en cours de la bande dessinĂ©e pour la jeunesse. On la retrouve Ă  la mĂȘme pĂ©riode chez Pellos et chez Liquois mais aussi plus tard chez JijĂ©. Pellos, dessinateur humoriste, opte pour un style rĂ©aliste dĂšs qu’il s’attaque Ă  des thĂ©matiques d’aventures, dans Durga Rani et plus encore dans Futuropolis en 1938-1940. Calvo s’est dĂ©jĂ  essayĂ© au style rĂ©aliste au service de rĂ©cits d’aventure Ă  l’amĂ©ricaine » avec le western Tom Mix dans Les grandes aventures vers 1940. Dans le mĂȘme temps, Calvo reste Calvo, et il ne peut se dĂ©tacher d’une certaine forme de fantaisie graphique baroque », pour reprendre le terme de Thierry Groensteen. Cela se voit particuliĂšrement dans la reprĂ©sentation des mĂ©chants » Kral et Nodji sont des trognes » dans la plus pure tradition de la caricature grotesque, le roi Kral possĂ©dant des traits presque simiesques. La couverture, seul Ă©lĂ©ment en couleur, est trĂšs rĂ©ussie elle mĂȘle deux archĂ©types graphiques, celui de l’ogre pour Kral et celui du savant fou et malfaisant pour Nodji, et annonce d’emblĂ©e l’univers visuel et narratif qui sera celui de l’histoire, entre fantaisie mĂ©diĂ©vale et fantaisie scientifique. Cela se voit aussi dans la reprĂ©sentation des effets des inventions des deux camps, toujours plus inventifs les uns que les autres toile d’araignĂ©e couvrant la ville, rayon malĂ©fique, monstres antĂ©diluviens jaillissant des eaux
 Ici aussi Calvo peut, dans les limites d’un objet Ă  l’impression plutĂŽt mĂ©diocre et en noir et blanc, s’amuser Ă  proposer des effets graphiques dĂ©tonants. Monstres antĂ©diluviens et dĂ©sordres climatiques les excursions de Calvo vers son baroque habituel sont rares dans La CroisiĂšre Fantastique, mais existent. En tant qu’inscrit dans une tradition de la science-fiction, La CroisiĂšre Fantastique est un objet impur il fait rĂ©fĂ©rence Ă  un mythe de la tradition science-fictionnelle europĂ©enne, mai sans vĂ©ritablement l’approfondir, il mĂȘle dans son graphisme influence rĂ©aliste amĂ©ricaine et tradition du grotesque littĂ©raire europĂ©en
 Ces imperfections sont, dans le fond, en parfaite adĂ©quation avec sa nature Ă©ditoriale, populaire et bon marchĂ©, au sein de la collection des Cahiers d’Ulysse. Les Cahiers d’Ulysse, collection de l’aventure graphique populaire La collection Les Cahiers d’Ulysse de l’éditeur SEPIA est selon Pierre GuĂ©rin cf biblio la meilleure sĂ©rie de rĂ©cits complets sous l’Occupation ». Le rĂ©cit complet » est une catĂ©gorie Ă©ditoriale de la bande dessinĂ©e des annĂ©es 1930 Ă  1950 qui se caractĂ©rise par la parution mensuelle, dans une collection dĂ©diĂ©e, de fascicules contenant chacun une histoire unique et entiĂšre. Cela par opposition Ă  d’autres formes Ă©ditoriales pĂ©riodiques comme le petit format ou bien sĂ»r la revue qui rassemblent plusieurs histoires, pour certaines diffusĂ©es en Ă©pisodes suivis d’une livraison Ă  l’autre. Les Cahiers d’Ulysse s’inscrit pleinement dans une tradition nĂ©e dans les annĂ©es 1930 et diffuse des rĂ©cits complets d’aventures populaires qui exploitent tous les sous-genres du rĂ©cit d’aventure western, science-fiction, rĂ©cit de jungle, piraterie
 En un sens, il s’agit de la version graphique des grandes collections de romans populaires pour adolescents et jeunes adultes prĂ©sents chez des Ă©diteurs comme Fayard ou Armand Colin. On va donc trouver dans Les Cahiers d’Ulysse d’autres bandes dessinĂ©es de science-fiction, comme Saturne contre la Terre de Giovanni Scolari dĂ©jĂ  parue dans Le Journal de Toto en 1938 qui reprend le thĂšme classique de l’invasion extraterrestre et, peut-ĂȘtre plus que Calvo, porte la marque des auteurs amĂ©ricains en se rapprochant du genre du space opera qui triomphera dans les annĂ©es suivantes. Les deux rĂ©cits sont assez proches l’un de l’autre dans leurs intrigues et leurs caractĂ©ristiques graphiques, mĂȘme si Calvo reste davantage en retrait de la veine amĂ©ricaine. Giovanni Scolari – Saturne contre la Terre reprĂ©sentation fantaisiste de la guerre intergalactique Calvo, Scolari, Pellos, Liquois, sont Ă  l’avant-garde d’une Ă©volution cruciale de la science-fiction graphique. Ces auteurs, sous l’influence d’éditeurs inspirĂ©s par les mĂ©thodes amĂ©ricaines, sont en train de s’acclimater, et d’acclimater le grand public avec eux, Ă  l’idĂ©e que la science-fiction se dessine dans un style spĂ©cifique, avec des caractĂ©ristiques propres. Ils normalisent », en accompagnant des Ă©volutions Ă©ditoriales, un nouveau genre littĂ©raire. L’aventure rĂ©aliste » se prĂ©cisera encore et Ă©voluera comme un genre Ă  succĂšs de la bande dessinĂ©e de l’immĂ©diat aprĂšs-guerre. Curieusement Calvo ne participera pas au grand mouvement de l’école française » vers le rĂ©alisme et prĂ©fĂšrera se concentrer sur son style animalier, sans doute plus personnel. Car finalement, que nous montrent des oeuvres comme Saturne contre la Terre de Giovanni Scolari ou CroisiĂšre Fantastique de Calvo ? Elles nous renseignent sur une pĂ©riode de transition durant laquelle naĂźt une nouvelle forme de science-fiction graphique française, sous influence amĂ©ricaine, mais pas seulement. Elles montrent surtout Ă  quel point cette Ă©volution est liĂ©e Ă  l’apparition de nouvelles formes Ă©ditoriales. Production sĂ©rialisĂ©e imprimĂ©e sur du papier de mauvaise qualitĂ©, exploitĂ© Ă  plusieurs reprises sur des supports diffĂ©rents
 Il s’agit bien d’une oeuvre de la culture de masse, ou de la culture populaire. La science-fiction s’essaye comme genre dans la bande dessinĂ©e des annĂ©es 1938-1945 Ă  travers des formules Ă©ditoriales qui feront son large succĂšs aprĂšs-guerre diffusion dans des pĂ©riodiques bon marchĂ©, des rĂ©cits complets et des petits formats adresse Ă  l’enfant, Ă  l’adolescent et au jeune adulte emprunt aux codes Ă©ditoriaux de la littĂ©rature populaire À travers le recours Ă  des archĂ©types narratifs et visuels et Ă  des choix esthĂ©tiques, le genre se construit, de façon encore incertaine en ces annĂ©es prĂ©-1945 rĂ©fĂ©rences non-explicitĂ©es Ă  des mythes connus qui rattachent d’emblĂ©e Ă  la SF europĂ©enne Atlantide, invasion extraterrestre, voyage spatial
, comme le recours Ă  un imaginaire non-amĂ©ricain traitement fantaisiste de la science rattachement d’emblĂ©e et exclusive au roman d’aventures choix graphique du rĂ©alisme anatomique acadĂ©mique, avec des visages qui semblent fortement influencĂ©s par le cinĂ©ma nez droit, menton marquĂ© personnages archĂ©typaux l’impĂ©ratrice d’un monde perdu, bienveillante ou malĂ©fique, le hĂ©ros-ingĂ©nieur, savant fou malĂ©fique un mĂ©lange constant entre science et magie l’impĂ©ratrice ouvre magiquement un passage dans la montagne des monstres antĂ©diluviens Le virage de la science-fiction des annĂ©es 1940 est bien dans son rattachement au rĂ©cit d’aventures populaires qui provoque sa dĂ©multiplication sur des supports Ă  large diffusion. Et la dĂ©multiplication fonde la reconnaissance immĂ©diate du genre. Elle devient une littĂ©rature de pulp, ce qu’elle n’était pas avant les annĂ©es 1930, Saint-Ogan Ă©tant un des derniers reprĂ©sentants d’une tendance de science-fiction Ă  l’ancienne » dans le cadre du merveilleux littĂ©raire et de la fantaisie scientifique. C’est bien toute une grammaire qui se construit au fur et Ă  mesure avec des oeuvres rĂ©pĂ©titives comme La CroisiĂšre fantastique ou Saturne contre la Terre oĂč la sĂ©rialitĂ© et la rĂ©pĂ©tition de motifs sont plus importantes que l’originalitĂ© propre Ă  l’auteur. L’abandon par Calvo de son style personnel illustre bien les mĂ©canismes Ă©ditoriaux de cette littĂ©rature, que nous dĂ©crivons ici, faut-il le prĂ©ciser, sans jugement de valeur. Ce sont bien ces codes rĂ©pĂ©titifs qui vont ĂȘtre remis en cause Ă  la fin des annĂ©es 1960 avec des sĂ©ries comme ValĂ©rian et Barbarella dont une des caractĂ©ristiques est justement de casser certains Ă©lĂ©ments stĂ©rĂ©otypiques, qu’ils soient graphiques ou Ă©ditoriaux. Mais ceci est une autre histoire
 ** Je terminerai par un post-scriptum Ceux de mes lecteurs qui connaissent bien la pĂ©riode et auront remarquĂ© la date de publication de 1942 pourront s’étonner que je n’évoque pas la question de l’Occupation et les enjeux idĂ©ologiques, politiques et Ă©ditoriaux de la bande dessinĂ©e entre 1940-1945. J’ai prĂ©fĂ©rĂ© mettre de cotĂ© cette problĂ©matique maintes fois traitĂ©es et, Ă  mes yeux, souvent trop parasitaire, et la questionner dans un prochain article. RĂ©fĂ©rences bibliographiques Pierre GuĂ©rin, Le collectionneur de bandes dessinĂ©es n°14-15, janvier 1979, Dossier Calvo sur NeuviĂšme art Un article de Gilles Ratier sur le style de Calvo sur bdzoom

dessinateur de bd tourne vers la science fiction